Auto-édition et édition à compte d’auteur : même combat

Je découvre le monde de l’auto-édition depuis quelques mois seulement. En fait depuis 2011 et plus activement depuis cette année. Il y a beaucoup de choses à comprendre et il faut savoir fouiller parmi les nombreuses sources d’information en ligne car l’auto-édition c’est vraiment le temple de la démerde. Si vous avez un projet de ce type, je vous dévoile sans filtres ce que j’ai appris (je ne sais encore pas tout, loin de là) et quelques conseils d’ami. Si ça peut vous faire gagner un peu de temps ou éviter les pièges classiques, c’est déjà ça de pris.

Mouton je suis (sorte d’introduction inutile)

Je traîne souvent sur les blogs des petits auteurs comme moi : tous ces apprentis auteurs ou auteurs planqués (par dépit en principe) pullulent sur le Net. J’ai constaté bien souvent que ces types écrivent finalement plus facilement sur leur parcours chaotique en matière d’édition (ou sur leur expérience dans l’auto-édition) que sur leurs textes. Ils pourraient également publier des textes directement dans leur blog, en mode « servez-vous c’est gratos » mais ils préfèrent parler du monde merveilleux de l’édition. Alors pourquoi je dérogerais à la règle ? En fait je fais exactement la même chose.

Auto-édition : ça commence comment ?

Figurez-vous que j’ai entrepris récemment d’auto-éditer, comme la majorité des auteurs modernes, mon premier ouvrage : « Les yeux carrés ». Parce qu’apparemment ça n’intéresse pas les éditeurs – même si je pense ne pas avoir assez insisté avec ma pauvre douzaine de manuscrits envoyés (en général on recommande d’en envoyer une bonne cinquantaine pour espérer accrocher un éditeur). Mais bon, j’avais l’impression de perdre mon temps et de rêver un peu trop fort. J’ai même trouvé un peu triste cette excitation utopique qui me prenait chaque fois que je recevais par la poste un courrier affichant le cachet d’un éditeur. Tout comme cette petite déception chaque fois qu’on me retournait mon manuscrit accompagné d’une lettre type terriblement frustrante. Je dis « petite » car tout auteur qui s’est renseigné un minimum avant de solliciter un éditeur sait à quoi s’attendre. Mais quand même… On a beau le savoir, on a toujours un soupçon d’espoir au fond. Bref…

Une fois passé au plan B de l’auto-édition, je me suis lancé dans une longue phase de veille sur Internet. L’auto-édition : comment ça marche ? Quel bordel ! Le truc a tellement le vent en poupe qu’il semblerait qu’un paquet d’ex étudiants d’HEC ait senti le bon filon. Après « l’édition à compte d’auteur » qui brouillait déjà sérieusement les pistes, l’auto-édition vient maintenant en rajouter une couche.

Selon les sondages (par exemple celui publié par Le Figaro en 2009, qui est souvent cité), il parait qu’1 français sur 2 ou 3 a des velléités d’écrire et qu’1 français sur 6 (mais j’ai aussi lu seulement 3% sur un autre sondage) a déjà écrit quelque chose de concret. Si on part du principe que, sur ces français ayant déjà pondu un manuscrit, en moyenne 30 à 60% des auteurs envisagent une publication, il reste encore un paquet de monde. En gros l’écriture, mais surtout la volonté d’être publié, est une tendance très forte depuis le début des années 2000. Et ça, c’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd.

En conséquence, les éditeurs traditionnels croulent sous les manuscrits et les startupers créent des startups en surfant sur les mots-clés du moment : auto-édition, POD, impression à la demande, ebook, Kindle, liseuse, imprimez votre livre, devenez éditeur, ISBN et j’en passe.

Quand l’édition à compte d’auteur joue sur le vocabulaire

J’ai donc fouillé dans ce grand bazar et j’ai essayé de séparer le bon grain de l’ivraie. De nombreux spécialistes de l’édition à compte d’auteur (ceux qui font payer les auteurs pour « éditer » mais surtout imprimer leur bouquin et garder une partie de leurs droits au cas où ça marcherait) se sont recyclés en changeant simplement de vocabulaire. Ils aident les apprentis-auteurs à s’auto-éditer. Ceux-là, si vous savez les détecter, il faut vite les mettre de côté je pense. Sauf si vraiment vous êtes allergique à l’idée de faire plus que d’écrire votre bouquin. Ils feront tout à votre place mais ne feront rien pour que votre bouquin soit lu.

Car pour être lu il faut… Une petite idée ? Du talent. Oui bon d’accord, mais sinon ? Du marketing, une campagne de communication, des relations de presse, de la publicité. Bref de l’argent car tout ceci à un coût. Et pourquoi diable un petit éditeur, qui n’en a que le vocabulaire, miserait sa petite trésorerie sur vous ? Vous qui ne représentez pas plus qu’un chiffre : 1 auteur sur plusieurs milliers de nouveaux auteurs chaque année en France.

Prenez l’exemple d’Edilivre, qui se présente comme l’un des pionniers en la matière. Ils éditeraient plus de 10 000 auteurs. Pensez-vous vraiment qu’ils peuvent investir ne serait-ce que 500 Euros par auteur ? Sachant qu’une toute petite campagne de communication (plutôt sur Internet qu’en presse, radio ou télé) coûte au minimum environ 5 000 Euros.

Je cite Edilivre un peu au hasard mais sachez que des sociétés qui promettent aux petits auteurs solo de les aider à faire de leur bouquin un succès, il y en a un paquet (voir ma petite sélection plus bas). Et chacun y va de son argument : formatage de votre livre papier ou de votre ebook, réservation de votre ISBN et dépôt légal à la BNF, création d’une page auteur sur leur site (où seuls les auteurs passent, en général), rédaction d’un communiqué de presse (mais qui l’enverra aux journalistes ?), diffusion en librairie (mais pas en rayon) et sur tous les sites de la planète vendant des ebooks (mais pas en page d’accueil), etc.

OK, c’est bien. Ce sont des passages obligés. Mais aucun ne propose le truc qui fera vraiment la différence : le marketing, la communication, la promotion. Ou alors il faudra mettre la main au porte-monnaie et il s’agira très certainement de prestations bas de gamme, industrielles. Rarement suffisantes pour espérer briller face à la concurrence. Certains se paient même le culot de vous faire payer au prix fort l’impression de vos propres exemplaires en tant qu’auteur (ceux que vous offrirez à vos proches). Auto-édition ou édition à compte d’auteur : même combat (d’où le titre).

Le cul entre deux chaises

Cependant tout n’est pas sombre dans ce créneau, très porteur, de l’accompagnement des auteurs en devenir. Certains font réellement de l’édition dans le sens où ils sélectionnent quelques auteurs (très peu) parmi ceux qu’ils accompagnent et décident de prendre un risque (très limité en général) en les accompagnant un peu plus : corrections, recommandations éditoriales, marketing (comment présenter votre livre aux libraires et aux lecteurs ?), communication (création d’un site d’auteur, référencement, supports imprimés pour les salons et en librairie, bande annonce vidéo), promotion (présence sur les salons, séances de dédicace, relations de presse effectives, community management sur les réseaux sociaux) etc.

Si elles font parfois bien leur boulot, ce qui me gêne dans ces structures, c’est leur fâcheuse tendance à mettre en avant cette poignée d’auteurs dans leur argumentaire commercial (rarement des best-sellers pour autant) pour faire rêver les milliers d’autres auteurs qui ne vendront pas plus de 100 bouquins et feront tourner la boutique en investissant quelques Euros dans les options payantes.

Clairement, on joue sur le rêve et l’égocentrisme des auteurs, pour leur faire sortir quelques Euros de leur poche

Pour moi, un bon service d’accompagnement à l’auto-édition est un service qui ne demande pas d’investissement financier aux auteurs mais prend une simple commission sur les ventes en proportion du travail fourni (formatage technique du livre, distribution…). Une commission en principe nettement moindre qu’un éditeur traditionnel qui s’investit et investit beaucoup plus, lui.

En effet, pourquoi demander de l’argent aux auteurs pour être publiés ? Les auteurs ont déjà fait leur part du boulot : ils ont écrit. Parfois pendant des mois voire des années. C’est ensuite à l’éditeur de prendre le relais et bosser, en prenant un minimum de risques. L’auteur, lui a déjà pris un risque énorme en écrivant. Il y a sans doute consacré des nuits et des week-ends au risque de faire passer sa vie de famille en second. Il a éventuellement plaqué son job pour se concentrer quelques mois sur son projet. Il a peut-être enquêté ou voyagé pour se documenter ou chercher l’inspiration. Certains se dévoilent publiquement dans un texte engagé ou personnel, potentiellement difficile à assumer. Leur demander d’investir encore plus en leur faisant croire que cela vas les propulser au sommet : c’est du foutage de gueule !

Toujours la même rengaine

Ce qui ne veut pas dire que ces auteurs ont BIEN écrit l’oeuvre pour laquelle ils ont sué sang et eau. Donc une phase de sélection est obligatoire avant de savoir s’il faut investir sur leur oeuvre. Donc on en revient à cette éternelle ritournelle de l’édition classique. Donc rien ne change en réalité. Le problème de l’engorgement de l’édition (de plus en plus d’auteurs et de moins en moins de lecteurs) est déjà bien installé et ne va pas aller en s’améliorant avec le web et les ebooks.

On peut espérer plus de lecteurs en multipliant les occasions de lire (liseuses, tablettes, smartphones…) et en baissant les coûts (digital oblige) mais on semble s’orienter vers des contenus courts, interactifs et imagés, par sur des romans traditionnels. Il faudra alors s’adapter pour éviter de s’insérer dans ce cercle vicieux et vieillissant de la littérature à laquelle la France est tellement attachée.

Alors, qu’est-ce que je vous recommande ?

J’ai envie de prendre un raccourci et synthétiser tout ça avec une idée simple : soit vous avez l’opportunité de bosser avec un véritable éditeur capable d’investir du temps et de l’argent spécifiquement sur votre livre (prendre des risques quoi), soit il vaut mieux vous débrouiller tout seul en mode DIY (Do It Yourself) comme on dit. C’est ce que j’ai fait. L’entre-deux me parait plus bancal. Mais ce n’est que mon avis. D’autant que j’avais vraiment envie de tout apprendre et découvrir par moi-même. Ce ne fut donc pas une épreuve pour moi mais, plutôt une expérience très enrichissante, même si j’ai parfois un peu galéré.

Avec ma toute petite expérience de l’auto-édition, mais déjà bien complète tellement j’ai voulu TOUT faire moi-même, voilà ce que je vous conseille de faire. D’abord, il faut choisir le niveau d’accompagnement que vous souhaitez avoir dans l’auto-édition de votre oeuvre. Pour cela, j’ai décidé de vous présenter les différentes offres du marché (pas toutes, il y en a trop) en 3 catégories.

Ceux qui vous accompagnent dans l’auto-édition de votre ouvrage, de A à Z

Vrais ou faux éditeurs (à vous de vous faire un avis), ils vous mâchent tout le travail : de la création du livre à sa distribution sur tous les points de vente de la Terre. Très souvent ils se spécialisent sur les contenus digitaux (ebooks) mais peuvent aussi s’intéresser au papier. Ces sociétés vous proposent des options payantes très rarement efficaces car toujours réalisées de manière industrielle afin de proposer des tarifs abordables. Leurs prestations de promotion en particulier, ne comptez pas trop dessus car elles risquent de ne pas vraiment porter leurs fruits si elles ne sont pas de véritables opérations de communication suivies par eux-même, au cas par cas et menées par de vrais spécialistes.

Certains se disent éditeurs mais ne font que peu (ou pas) de sélection. Pour un éditeur, c’est louche. S’ils ne font pas de sélection, soyez-en certains, il ne feront pas de véritable promotion non plus.

Vous l’aurez compris, il y a du bon et du mauvais là-dedans. C’est un métier tout neuf et il faut se méfier un peu. Je vous invite à bien lire leurs contrats et comparer leurs offres en envisageant de faire la même chose vous-même (parfois mieux mais ça prend du temps) ou en direct avec des professionnels spécialisés.

Ceux qui vous accompagnent dans le formatage, l’impression et la distribution de votre ouvrage

Ils vous accompagnent dans le formatage de votre ouvrage (en numérique et/ou en papier) et vont parfois jusqu’à assurer sa distribution et votre rémunération. Ce sont en général des imprimeurs ou des distributeurs qui cherchent à se diversifier ou profiter de cette tendance lucrative en développant leur offre de service. Une fois que votre bouquin est finalisé et distribué par leurs soins, reste le plus compliqué : assurer la promotion de votre oeuvre. A part quelques conseils (pas personnalisés), ne comptez pas trop sur eux pour vous aider.

La frontière entre cet ensemble de services et ceux cités plus haut est parfois très mince. Je me suis permis de mettre ne valeur ceux que je vous recommande pour les avoir testés et/ou épluché en détail leur offre. Ça ne veut pas dire que je ne recommande pas les autres, simplement je n’ai pas encore eu l’occasion de me forger une opinion assez fiable sur ceux-ci.

  • Blurb (pour les livres plutôt graphiques : photo, illustration…) > Je recommande (mais attention aux frais de port)
  • BoD (pionnier de l’impression à la demande)
  • CreateSpace (l’offre papier d’Amazon)
  • IngramSpark (l’offre du géant de la distribution Ingram) > Je recommande
  • Kindle Direct Publishing (l’offre ebook d’Amazon) > Je recommande (incontournable)
  • Kobo Writing Life (l’offre de la Fnac)
  • Lulu (le projet indépendant de l’ancien patron de Red Hat Linux)
  • TheBookEdition (branche auto-édition de l’imprimeur Reprocolor) > Je recommande
Ceux qui se contentent d’imprimer votre ouvrage tel quel

Ce sont de vrais imprimeurs qui ont choisi de rester concentrés sur leur métier. Vous évitez ainsi de payer la marge des intermédiaires (voir plus haut) si, au final, il n’y a que la prestation d’impression qui vous intéresse. Mais il faudra gérer tout le reste vous-même (commercialisation, distribution, communication, édition des documents imprimables, formatage de votre ebook, démarches légales…). C’est cette solution que j’ai choisie.

Quelques tuyaux si vous optez pour le DIY

Si vous vous lancez en auto-édition façon Do It Yourself, voici quelques recommandations personnelles, en vrac, qui m’ont été très utiles.

Pour corriger vos textes, vous pouvez envisager de solliciter vos proches (au moins 2 ou 3 personnes différentes, chacune son tour) mais l’idéal reste de mandater un professionnel qui ne se laissera pas distraire par le texte et qui repérera plus facilement les fautes. Ne sous-estimez pas cette étape qui reste cruciale si vous envisagez de faire quelque chose de sérieux avec votre ouvrage. Sachez que certains sites dédiés à l’auto-édition proposent ce type de service à des prix abordables. Je ne les ai pas testés mais je pense que la qualité doit être nettement moindre face à un véritable correcteur comme chez les éditeurs traditionnels. Face aux prix annoncés sur ces sites, j’imagine un service automatisé (à l’aide d’un logiciel) ou externalisé à l’étranger… Quitte à utiliser un logiciel, autant vous le procurer directement (pour à peine plus cher). La référence en la matière semblerait être Le Robert Correcteur vendu 100€.

Pour concevoir votre propre ebook, il existe de nombreuses solutions. Si vous souhaitez gérer ça vous-même, allez jeter un oeil à Calibre, Sigil ou Atlantis : ce sont les outils les plus couramment cités. De mon côté j’ai travaillé avec les deux premiers. Ce n’est pas forcément très simple d’accès car ces logiciels sont censés vous aider à produire du HTML, ce langage de programmation du web utilisé dans les ebooks. Mais si vous êtes patients et que vous vous prenez au jeu, ce n’est pas sorcier. Pour info sachez que Word lui-même produit du HTML. Simplement le code généré par Word est un peu trop chargé et pas toujours compatible avec les normes des ebooks, ce qui pourrait engendré des bugs ou des défauts de mise en page une fois visionné sur une liseuse. Voilà pourquoi en principe on évite cette solution. Si vous ne voulez distribuer votre ebook que sur Amazon, sachez qu’ils disposent de leur propre gamme d’outils et de formats et mettent tout en oeuvre, via Kindle Direct Publishing, pour vous simplifier la tâche. Mais vous aurez potentiellement moins de contrôle sur votre ebook et devrez refaire la manip si vous vendez votre oeuvre sur une autre plateforme.

Pour concevoir vous-même votre livre au format papier, la référence professionnelle est Adobe InDesign. Mais on peut arriver à quelque chose de correct avec Microsoft Word ou d’autres logiciels de traitement de texte (fouillez sur Internet, certains sont même gratuits). Gardez cependant à l’esprit qu’un imprimeur vous demandera de lui fournir un PDF normé que seuls des logiciels ciblant la fabrication de documents professionnels et imprimables  savent produire. Le reste risque de relever du bricolage. C’est pourquoi cette étape est souvent prise en charge par les solutions en ligne d’accompagnement à l’auto-édition. Si vous êtes débrouillard ou si vous avez un ami graphiste, ce n’est vraiment pas insurmontable. Surtout si vous publiez un roman. S’il s’agit d’un livre illustré avec un vrai travail de mise en page, forcément ça se complique. Dans ce cas-là n’essayez pas de gérer ça vous-même si ce n’est pas votre métier. Ça risquerait de nuire à la crédibilité de votre ouvrage.

En matière de démarches administratives : l’ISBN. Si vous souhaitez rendre votre ouvrage public (même sans le vendre)  il faut demander un ISBN (ou plutôt une suite d’ISBN car en France on ne vous en attribue jamais un seul) à l’AFNIL. C’est simple et rapide, tout se passe en ligne. Sachez qu’il faut un ISBN pour votre format papier et un autre ISBN pour votre ebook. Si vous prévoyez différents formats (par exemple : couverture souple et couverture rigide pour le format papier) c’est aussi 2 ISBN différents. Idem pour l’ebook s’il est au format Mobi ou Epub. Même chose si vous modifiez considérablement votre ouvrage (à préciser dans le détail). A priori il faudrait aussi 2 ISBN différents si vous publiez votre livre chez 2 prestataires différents (par exemple chez Blurb et chez IngramSpark) car il s’agit de 2 éditions différentes du même ouvrage ; mais ça reste à confirmer. La plupart des prestataires en ligne vous proposent de gérer eux-même vos ISBN mais cela implique qu’ils soient identifiés comme éditeur si je ne me trompe pas. J’ai donc préféré me débrouiller seul même si parfois c’est un peu galère… Un ISBN doit être accompagné d’un code barre sur un livre imprimé. Votre éditeur ou le site qui vous accompagne peut s’en charger, sinon il existe des dites qui génèrent des code-barres en fonction de votre ISBN. Par exemple Codebarre.be.

Toujours sur le plan administratif : le dépôt légal. C’est assez simple. Cela concerne uniquement les livres imprimés car les ebooks sont scannés automatiquement par un programme dès que vous les publiez. Rien à faire de ce côté là donc. Par contre, au format papier, quand votre bouquin est finalisé il faut faire une demande de dépôt légal sur le site de la BNF. Ce qui vous permet ensuite d’indiquer la date de cette démarche dans votre bouquin (exemple  « Dépôt légal : avril 2015″) puis d’en envoyer un exemplaire imprimé par la poste à BNF accompagné d’une fiche d’info délivrée lors de son enregistrement en ligne. Le tout avant la commercialisation de celui-ci. Cette démarche est obligatoire peu importe le tirage, même en auto-édition et en impression à la demande. A partir du moment où le livre est rendu public vous êtes soumis à cette législation. Toutefois, si vous l’imprimez et le distribuez de la main à la main à vos proches sans échanges financiers, vous devriez pouvoir vous en passer.

Autre obligations en vrac… Indiquer un prix de vente sur votre livre. S’il est numérique, ça sera sur la page d’achat, s’il est imprimé ça sera sur la quatrième de couverture. Prix à indiquer en Euros TTC s’il est commercialisé en France. Attention le prix d’un livre et les promotions qui l’accompagnent sont normés par un cadre légal assez stricte ; jetez un coup d’oeil sur le site du Service Public pour en savoir plus. Pensez à citer l’auteur de l’image sur votre couverture et lui demander son autorisation.

Et sur le plan fiscal ? Sur ce point précis, c’est plus compliqué. J’ai trouvé énormément d’infos contradictoires sur le Net. Je vous délivre la conclusion que j’en ai tiré pour mon propre cas. Tant que vos ventes sont anecdotiques (moins de 100 exemplaires en ebook par exemple), il ne semblerait pas nécessaire de créer un statut pour cadrer cette activité qui semble être plus un passe-temps défrayé qu’autre chose. En revanche, à partir du moment où il y a une régularité, un certain volume de vente, il est important d’encadrer votre activité sous un statut. Très souvent c’est le statut d’auto-entrepreneur qui est recommandé. Simple à créer et à gérer (très peu de comptabilité), souple (pas de chiffre d’affaire = pas de charges) et des conditions fiscales relativement confortables (mais c’est moins le cas qu’il y a quelques années et ça ne fait qu’empirer). Toute rémunération, même minime, doit être déclarée au fisc. Pour 100 ebooks vendus 1€, ça parait exagéré de venir complexifier votre déclaration de revenus annuelle. Mais légalement vous devez le faire. Si votre livre marche plutôt bien, il est évidemment nécessaire de déclarer vos revenus mais surtout de créer un statut officiel, par exemple celui d’auto-entrepreneur. L’impôt pourra alors être soit prélevé à la source (au moment de payer vos charges d’auto-entrepreneur, chaque mois ou trimestre) – on appelle cela le « prélèvement libératoire » – soit en décalé, lors de votre déclaration annuelle de revenus.

La distribution : par où commencer ? On vous affirmera partout que c’est le cœur du métier. Sans distribution pas de vente, là on est d’accord. Mais aujourd’hui tout le monde peut être distribué mondialement dans les plus grandes enseignes. Amazon, Fnac, Apple… Ce n’est pas un souci. Pas de sélection à l’entrée. Donc le problème s’est déplacé ailleurs. Ce qui va faire la différence c’est le marketing et la communication. A quoi bon être vendu sur Amazon ou chez Gibert si personne ne vous trouve ans les rayons ? A quoi bon vendre votre livre 0,99€ si personne ne sait qu’il est en promotion ? A quoi bon espérer être lu si personne ne sait que votre bouquin est génial ? La distribution est indispensable mais ce n’est qu’une étape obligatoire. Vous pouvez soit décider de la confier globalement à un seul prestataire qui va vous simplifier tout ça (Ingram, Blurb, Lulu et compagnie…) soit décider de vous distribuer sur chaque plateforme vous-même. C’est long et parfois un peu complexe mais au final vous gagnerez plus d’argent.

Le gros du boulot, après l’écriture de votre livre : le marketing, la communication et la promotion

Tous les sites cités plus haut ne vous aideront pas dans cette démarche. Il y a bien trop de petits auteurs auto-édités pour assurer cette prestation coûteuse et chronophage pour chacun. Alors au boulot ! Il faudrait un bouquin complet pour vous expliquer comment bien assurer le marketing et la communication d’un livre. Je ne vous liste donc que les démarches à prioriser sur les autres. Celles qui présentent le meilleur rapport qualité/prix en gros.

Faites un petit site Web pour vous-même en tant qu’auteur. Il servira à vos prochaines publications. Et mettez en avant dès la page d’accueil avec un gros visuel, le livre dont vous faites la promotion actuellement. Jetez un œil du côté de WordPress (clairement la meilleure solution) ou sur Wix ou 1And1, par exemple, pour les plus hermétiques à la technique. Expliquez très simplement et clairement à vos visiteurs comment ils peuvent acheter votre livre et en lire quelques pages avant, pour se faire une idée.

Sur votre site, créez une rubrique « Blog » dans laquelle vous publierez le plus régulièrement possible autant vos pensées quotidiennes que de petites nouvelles exclusives ou des liens vers d’autres auteurs que vous appréciez. Grâce au référencement (on dit souvent SEO), assurez-vous que les internautes vous trouvent facilement dans Google.

Créer un compte Twitter et une page Facebook pour vous-même en tant qu’auteur et publiez régulièrement dessus. Tout ce qui vous passe par la tête (plus c’est intéressant et mieux c’est) mais aussi pensez à relayer les articles de votre blog en faisant des « teasers » accompagnés de liens ver votre blog. Et n’oubliez pas de relayer les infos d’autres personnes autour de vous (auteurs, éditeurs, journalistes…). Les médias sociaux : c’est donnant/donnant. Si vous repérez d’autres médias sociaux qui colleraient bien à votre univers ou à vos supports de communication (Youtube pour la vidéo par exemple) : faites la même chose.

Faites-vous un réseau en fréquentant les blogs d’auteurs (et en les commentant ou en les citant sur votre propre blog), en visitant les forums d’auteurs et de lecteurs (pour vous confronter à la critique et discuter littérature), les réseaux sociaux spécialisés (exemple : Welovewords, plus grande communauté d’auteurs francophone) ou en diffusant vos textes sur des plateformes vous apportant un peu de visibilité (exemple : Short Edition, éditeur communautaire et concours de textes courts).

Concevez et faite réaliser par des professionnels ou des semi-pros talentueux, un support promotionnel innovant et accrocheur. Souvent une vidéo (média le plus plébiscité par les internautes) mais ça peut aussi être une publicité décalée (photo ou illustration avec un message fort et pas trop commerçant), une interview atypique, etc. L’enjeu est d’être original, d’évoquer le livre et son univers (ou de travailler sur l’auteur) et de marquer les esprits. Ne faites pas quelque chose qui existe déjà. Vous perdrez votre temps. Exemple à ne pas faire : une bande annonce de livre avec une musique intrigante et de la fumée annonçant qu’il s’agit du thriller le plus flippant de l’année.

Faites travailler un(e) attaché(e) de Presse qui aura pour mission de rédiger un ou plusieurs communiqué(s) de Presse vous concernant ou concernant votre bouquin et son actualité (événements, supports promotionnels). Cette personne devra bénéficier d’un réseau solide de contacts type journalistes culture/littérature, bloggers et « influenceurs » sur les médias sociaux. Elle devra les contacter, leur joindre des documents de présentation puis les relancer et les motiver à lire votre livre et éventuellement écrire ce qu’ils en ont pensé. Ça c’est le nerf de la guerre ! Point barre. Difficile à mettre en oeuvre soi-même car ces personnes sont harcelées de demandes et ne prêteront attention qu’à quelqu’un qu’elles connaissent déjà.

Achetez de l’espace publicitaire ciblé sur Google, Facebook et/ou Youtube. Vous ne paierez qu’au clic. C’est à dire seulement si l’internaute clique sur votre pub et arrive sur votre site web. Fixez un budget quotidien (ou mensuel : par exemple 100 € par mois) et voyez si ça vous amène du monde et surtout des ventes. Si ce n’est pas le cas : ajustez votre ciblage ou vos messages publicitaires. Veillez aussi à ce que la « landing page » (page d’accueil de votre pub) ne soit pas décevante par rapport à la pub : hors-sujet, pas professionnelle, pas claire…

Cherchez de l’aide ! Embaucher un(e) attaché(e) de Presse, ça coûte de l’argent. Comptez en moyenne entre 1000 et 3000 € selon la durée de la campagne, le ciblage et les compétences de votre prestataire. Pareil pour la réalisation d’une vidéo de qualité. La conception du scénario, la réalisation, le montage… Au final vous arriverez vite à un montant entre 5 000 et 10 000 Euros si vous souhaitez communiquer efficacement et de manière professionnelle. Comment faire ? En général un petit auteur débutant n’a pas de budget. Si vous n’avez pas d’amis (de très bons amis) pour réaliser ces prestations gratuitement pour vous, ou sous forme d’échanges de bons procédés (ma technique à moi), il reste la solution du « Crowdfunding », en français du financement participatif. Allez donc faire un tour chez Ulule (pour moi la plateforme la plus indiqué pour un projet littéraire) et voyez si vous vous pouvez motiver votre entourage, et les amis de vos amis, à investir dans votre projet.

En conclusion

En conclusion, vous l’aurez compris, écrire un livre c’est bien mais ce n’est que 50% du boulot dans le monde merveilleux de l’auto-édition. Il faudra corriger votre texte et trouver comment en parler (4ème de couverture, communiqué de Presse…), réaliser les supports (ebook et livre papier), gérer les démarches légales et administratives, distribuer votre texte le plus largement possible et surtout mettre en place une stratégie de marketing et une campagne de communication. Si vous avez certaines de ces compétences comme autant de cordes à votre arc ou si vous connaissez des professionnels capable de vous aider c’est déjà un bon départ. Mais à un moment ou un autre, si vous voulez bien faire les choses, il faudra mettre la main au porte-feuille.

L’auto-édition c’est un investissement. Un pari sur votre talent. Alors autant ne pas se tromper. Avant de claquer toutes vos économies, si j’ai un conseil à vous donner : évaluez bien la qualité de votre projet. Je sais, ce n’est pas simple. Je suis moi-même incapable d’estimer la qualité de ma première publication « Les yeux carrés ». J’ai donc pour l’instant un peu de mal à y investir autre chose que du temps. Essayez de sonder vos proches objectivement (pas facile) et surtout tentez de trouver quelqu’un du métier qui serait à même de vous lire en toute objectivité, sans contrepartie, et vous faire un retour avec le regard d’un pro. Si vous trouvez cette perle rare, faites-moi signe. Ça m’intéresserait grandement.

AXEL BOLU
AXEL BOLU
Auteur ou écrivain (en dilettante), rêveur et égocentrique (à plein temps)
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