Machine à imprimer des livres à la demande : une seconde vie pour les libraires ?

Espresso Book Machine

Thor Sigvaldason, le confondateur de OnDemands Books, posant devant une Espresso Book Machine (photo de John Wilwol)

L’impression à la demande : vous connaissiez déjà. C’est ce qui a permis aux petits auteurs et éditeurs d’exister sur papier. L’autoédition n’est pas que numérique. C’était déjà une petite révolution en soi. Mais pour ça, il fallait passer par des imprimeurs. Un lecteur cherchait un livre même complètement inconnu, s’il était référencé quelque part sur le web il pouvait le commander et un imprimeur, quelque part dans le monde, allait s’occuper de l’imprimer spécialement pour lui et de lui faire parvenir par la poste. Problème : c’était long et plus coûteux que de commander un livre dont 5000 exemplaires avaient préalablement été imprimés en gros (adieu les petits auteurs).

Espresso Book Machine

Mais voici que débarque l’imprimante de livres à la demande : l’Espresso Book Machine par exemple (programme porté par Irénéo et machine fabriquée par Xerox) et le concept Orséry (machine fabriquée par Ricoh). Une machine relativement volumineuse qui permettrait aux libraires de disposer d’un catalogue potentiellement sans limite (car numérique) et d’imprimer les livres demandés par leurs clients en moins de 5 minutes, sur place. Vous voyez la petite révolution poindre derrière tout ça ?

Chaque petit auteur ou éditeur pourrait ainsi exister dans chaque librairie disposant de ce système. Sans frais de livraison et sans délais puisque tout se passe en boutique. Reste à voir le prix du livre imprimé à la demande. Si on reste sur le même ordre d’idée que ceux pratiqués par les imprimeurs à la demande, on serait entre 5 et 10€ de coût de fabrication pour les petits formats (+ marge auteur et libraire).

La revanche des libraires sur Amazon ?

Amazon aurait-il des soucis à se faire ? L’impression à la demande en librairie peut-elle rivaliser avec les mastodontes du net ? Encore faudrait-il que les lecteurs restent attachés au livre papier plutôt que de tous converger vers l’ebook. A mon humble avis le livre numérique est une tendance clairement à la hausse mais il subsistera une clientèle (les personnes nées avant les années 90) toujours en quête de papier : par habitude ou pas esprit vintage voire fétichiste, comme pour les disques vinyle. Par ailleurs, il faudrait que les gens bougent leurs fesses en librairie plutôt que de consommer seulement sur le Net. Il faudrait donc arrêter l’hémorragie de libraires maintenant ! S’il faut faire 10 kilomètres pour approche la première librairie, le problème reste le même.

Malgré tout j’ai envie d’y croire. Il y avait l’autoédition et l’impression à la demande (sans parler des ebooks bien sûr) pour donner un second souffle aux auteurs et aux éditeurs indépendants, il y aura bientôt les imprimantes de livres à la demande en librairie. Peut-être même un jour chez soi… Des « home on demand book printers » comme on a des « home studios » ?

Et vous ? Qu’en pensez-vous ?

AXEL BOLU
AXEL BOLU
Auteur ou écrivain (en dilettante), rêveur et égocentrique (à plein temps)
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