L’espoir fait vivre

Il parait, oui… Que l’espoir fait vivre. Bon. Soit. Mais combien au juste ? En euros sonnants et trébuchants. Et surtout, combien de temps est-ce qu’on peut tenir avec de l’espoir comme seul moteur ?

Depuis quelques jours, maintenant que j’ai fini mon premier recueil de nouvelles, j’envoie des manuscrits dans toute la France. « Jeune inconscient ! » me dirait un maître ninja de l’édition.

Je sais. J’ai vu les statistiques. Je connais le marché, soit-disant pourri par la révolution numérique et la mainmise omnipotente des gros éditeurs qui auraient oublié de faire leur métier : découvrir de nouveaux talents (toujours soit-disant, je ne voudrais pas me fâcher avec Gallimard à qui j’ai envoyé mon pavé il y a tout juste quelques jours). J’ai aussi lu les commentaires acerbes de jeunes (et moins jeunes) auteurs frustrés, dans les forums et sur les blogs spécialisés. J’ai aussi conscience de l’aubaine que nous sommes, nous, jeunes oisillons sans défense tout juste sortis du nid, pour ces lascars de pseudo-éditeurs « à compte d’auteur ». Ca fait flipper. Tout ceci n’est pas rassurant ni motivant du tout. Et pourtant… Pourtant je le tente, en connaissance de cause.

Oui, il s’agit d’une première publication (je devrais parler au conditionnel mais je m’en fous). Oui, il s’agit d’un recueil de nouvelles (peu d’éditeurs en éditent). Oui, j’ai un style un peu particulier et des concepts qui ne parlent parfois qu’à moi-même. Oui, je ne suis toujours pas foutu de savoir si j’ai le minimum de talent nécessaire pour oser chercher à me faire éditer. Bon… Si j’étais complètement saint d’esprit, je me contenterais de vous écrire – vous : chers lecteurs transparents – sur ce blog tout aussi transparent.

Alors, pourquoi je le fais ? Pour être sûr. Pour vérifier que c’est bel et bien mission impossible. Après tout, nous sommes peut-être en présence d’une vaste manipulation conspiratrice d’une poignée d’auteurs ambitieux, désireux de démotiver des millions de jeunes confrères influençables. Ah ! Je vous ai démasqués ! Je ne marche pas dans votre sombre combine, moi ! On ne me la fait pas ! Mouais…

Je le tente parce que, avant de me lancer dans la grande marmite de l’auto-édition (à ne pas confondre avec l’édition à compte d’auteur, donc), je dois être certain d’avoir tenté le coup. Pour ne pas avoir de regrets. Ça picote les regrets. Comme une piqûre d’insecte tenace. Puis ça gratte. On finit par s’enlever des lambeaux de peau et risquer l’infection. Pas bon ça.

Je le tente parce que j’ai un tout petit peu d’espoir, dans le fond. Et l’espoir fait vivre. il parait. J’attends de voir.

AXEL BOLU
AXEL BOLU
Auteur ou écrivain (en dilettante), rêveur et égocentrique (à plein temps)
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