« VIE » – Court extrait 3

En tout cas, les étoiles étaient méchamment belles dans cette illusion orchestrée de main de maître par mon cerveau. C’est sûr que si tu enlèves la pollution et la lumière de nos villes saturées de tungstène, d’un coup on y voit plus clair.
Ça me rappelle la ferme de mes parents dans le Gers quand j’étais petit. J’ai demandé un soir à mon père, alors qu’on regardait le ciel à l’affût des étoiles filantes du quinze août : « Est-ce qu’on est plus près des étoiles, ici, papa ? ». Finalement, le Gers était peut-être une fenêtre sur le réel. Cette torpeur sereine qui vous entoure au bout de quelques jours passés à errer dans les champs, à goûter les tomates du jardin et cueillir les fruits aux arbres, écouter les oiseaux et les abeilles… Peut-être que si on se laisse aller, on se fait absorber dans les entrailles de Mère Nature. On devient un brin d’herbe parmi les autres : sans conscience, sans but. On se contente de reprendre sa place dans ce système organique dont on n’aurait jamais dû devenir le roi vaniteux.

AXEL BOLU
AXEL BOLU
Auteur ou écrivain (en dilettante), rêveur et égocentrique (à plein temps)

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